Modèle financier : définitions, conseils et exemples

L’élaboration d’un modèle financier, parfois appeler business plan dans le jargon, est l’un des travaux phares dans de nombreux métiers financiers : M&A, Private Equity, analyse buy-side et sell-side, financement structuré, etc…

Evidemment, c’est aussi une tâche qui peut s’avérer ardue et un peu floue pour de nombreux juniors.

Dans cet article, nous vous expliquons tout ce que vous devez savoir sur la notion de modèle financier, comment et pourquoi en construire, le tout illustré par des exemples.

Exemple de modèle financier

Qu’est-ce qu’un modèle financier ?

Un modèle financier est document mathématique, souvent un fichier Excel, qui permet de simuler les revenus et les coûts futurs d’un projet ou d’une entreprise pour estimer ses performances financières futures.

Maintenant que vous connaissez la définition d’un modèle financier, vous pouvez mieux vous rendre compte de son importance dans de nombreux métiers financiers.

En effet, qu’il s’agisse de fusions-acquisitions, de private equity ou d’investissements plus généraux, modéliser les performances financières de la cible est crucial avant de poursuivre plus en amont le processus d’investissement.

Un modèle financier se réalise évidemment sous Excel et nécessite donc une maîtrise parfaite d’une part de tous les mécanismes opérationnels (revenus et coûts) et financiers (intérêts et fiscalité) qui peuvent impacter le projet ou l’entreprise modélisé mais aussi de toutes les formules Excel qui permettront de construire votre modèle.

D’ailleurs, si vous souhaitez améliorer votre maîtrise d’Excel en finance vous pouvez compter sur The Big Win et notre « Guide de l’Excel-lence en finance » :

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Pourquoi faire un modèle financier ?

Estimer la rentabilité d’un projet

La première raison pour laquelle il est nécessaire de construire un modèle financier concerne les métiers d’investissement et corporate finance puisqu’il s’agit de modéliser les résultats financiers d’un projet pour estimer sa rentabilité future, généralement exprimée suivant différentes métriques ou ratios comme son TRI, son ROCE ou sa VAN.

Le modèle financier ainsi construit permettra de vérifier que le projet envisagé répond aux attentes de rentabilité de l’entreprise et donc de prendre la décision de lancer l’investissement ou non.

Calculer une valorisation grâce à un modèle financier

Le deuxième contexte dans lequel on peut être amené à construire un modèle financier est à chercher du côté des métiers M&A et de private equity.

Il s’agit en effet des situations où l’on cherche à calculer une valorisation dans le cadre d’une opération d’acquisition ou de levée de fonds.

Un modèle financier permet dans ce cas de modéliser les revenus et coûts futurs de l’entreprise cible afin d’estimer une métrique financière particulière qui sera la base du calcul de valorisation. Il peut notamment s’agir d’un free cash flow to equity ou d’un free cash flow to firm. Ces métriques permettront alors de calculer une terminal value puis une VAN (valeur actuelle nette) qui correspondra à la valorisation de notre société cible. Cette première méthode de valorisation est appelée DCF pour Discounted Cash Flow.

Le modèle financier peut aussi permettre de calculer des métriques qui permettront non pas une valorisation par DCF mais par multiples. Il peut par exemple s’agir de l’EBITDA pour utiliser un multiple EV/EBITDA ou le résultat net pour le célébrissime PE ratio pour Price-to-Earnings ratio.

Dans tous les cas, vous aurez compris qu’il est nécessaire de construire un modèle financier solide afin d’estimer les résultats futurs de l’entreprise cibles qui permettront les travaux de valorisation.

Trouver des partenaires et des financeurs

Un modèle financier est strictement nécessaire si vous cherchez des partenaires financiers et investisseurs.

En effet, qu’il s’agisse d’une opération de private equity ou d’une levée de dette pour un projet, l’entrepreneur ou le porteur du projet devra présenter à ces potentiels futurs partenaires un modèle financier complet et solide afin d’une part de les rassurer sur cette opportunité mais aussi de fournir une base nécessaire de négociation.

Ainsi, dans le cas d’une levée de dette pour un projet, et comme nous vous l’expliquons dans notre article dédié au financement de projets, les banques demanderont un modèle financier au porteur de projet pour juger de sa viabilité économique.

De plus, elles construiront aussi leur propre modèle financier pour utiliser leurs hypothèses et faire toutes les vérifications qu’elles souhaitent.

Ce modèle financier permettra ainsi à la banque d’estimer les résultats futurs du projet et de vérifier que celui-ci sera bien en mesure de rembourser la dette levée et de payer les intérêts sur celle-ci.

Vérifier des scénarii et sensibilités sur un modèle financier

Un modèle financier permet aussi d’étudier une multitude de scénarii possible pour les résultats futurs d’une entreprise ou d’un projet.

En effet, le principe même de construction d’un modèle financier est de contenir trois parties principales : une première pour paramétrer nos hypothèses (les inputs en anglais), une partie calculatoire qui permet de modéliser les revenus et coûts à partir des hypothèses précédemment citées et enfin une partie de résultats (outputs en anglais).

Comme vous pouvez le constater, il est donc extrêmement facile et rapide, une fois le modèle financier construit, de modifier les inputs de la première partie et étudier les conséquences sur les outputs.

Dans certains métiers, il arrive ainsi qu’on souhaite faire tourner plus d’une centaine de cas différents pour un même modèle financier, afin d’être sûr et certain d’avoir toutes les cartes en main avant un investissement.

Le potentiel investisseur peut alors savoir dans quels cas les plus pessimistes son investissement risque de tomber dans le rouge, voire de tomber à l’eau.

Comment élaborer un modèle financier ?

Première partie : les inputs dans un modèle financier

La première partie d’un modèle financier bien construit, comme nous vous l’expliquions précédemment, concerne les hypothèses et le paramétrage du modèle.

Par paramétrage, nous entendons tous les réglages très généraux du modèle : année de départ, année de fin, granularité chronologique (par exemple mensuelle, trimestrielle, semestrielle ou annuelle), etc…

Les hypothèses, souvent appelées inputs, concernent quant à elle les données d’entrées financières spécifiques au modèle nécessaire à toute la suite des calculs. Il peut s’agir des revenus initiaux, du prix d’un produit, des coûts, des taux d’impôts et de taxes, de capex, de l’inflation, du taux d’actualisation, etc…

Ce sont d’ailleurs à partir de ces hypothèses que vous pourrez faire des sensibilités et analyses de scénario.

Généralement, un modèle bien construit réunit tous les paramètres et les inputs sur un même onglet Excel ou sur deux onglets (un pour les paramètres et un second pour les inputs). Attention à ne pas placer des cellules d’inputs un peu partout dans votre modèle financier au risque de ne plus savoir où se situent vos hypothèses.

Deuxième partie : les onglets calculatoires

La deuxième partie d’un modèle financier concerne tous les onglets calculatoires qui vont puiser dans vos paramètres et inputs pour faire la modélisation financière souhaitée.

Cette partie peut être segmentée sur un ou plusieurs onglets. Il s’agit donc ici de modéliser tous les aspects financiers de votre projet ou entreprise cible et notamment les points suivants :

Les revenus

Les revenus sont le nerf de la guerre. Vous devez par conséquent les modéliser le plus précisément possible à l’aide de vos inputs.

Vous comprendrez que nous pouvons difficilement entrer dans les détails puisque chaque modèle financier est parfaitement unique, et en fonction de ce que vous modélisez (par exemple un projet ou une entreprise), les leviers d’impacts sur les revenus seront parfaitement différents.

Malgré tout, un certain nombre de constantes reviennent :

  • Les revenus sont généralement calculés comme le nombre de produits vendus multiplié par le prix du produit. Cela parait évidemment trivial, mais c’est l’occasion de rappeler la nécessité de comprendre le marché sur lequel opère l’entreprise ou le projet afin d’estimer la demande future.
  • L’évolution du prix doit prendre en compte vos hypothèses d’inflation. L’inflation doit si possible suivre votre marché et non pas une hypothèse d’inflation générale. Par exemple, l’inflation sur les produits de première nécessité n’est pas forcément la même que l’inflation sur les produits de luxe.

Les coûts

Les coûts peuvent être répartis en deux grandes catégories, les coûts fixes et les coûts variables (aussi appelés COGS pour Cost Of Goods Sold).

  • Coûts variables (COGS) : les COGS sont les coûts qui dépendent directement du nombre de produits vendus : coûts de fabrication, de logistique, de main d’œuvre, etc… Il faut donc qu’ils soient reliés d’une manière ou d’une autre au nombre de ventes utilisé par ailleurs dans notre calcul de revenus.
  • Coûts fixes : il s’agit de coûts qui ne sont pas directement liés au nombre de produits vendus. Le terme de « fixe » peut être trompeur en laissant penser que ces coûts n’évoluent pas, ce qui est évidemment faux. Ils évoluent mais pas forcément de manière proportionnelle au nombre de ventes. Par exemple, il peut s’agir de coûts marketing, des loyers, etc…

Enfin, n’oubliez pas que les coûts, fixes et variables, doivent eux aussi suivre l’inflation.

Le financement

Il s’agit ici de modéliser le financement du projet ou de l’entreprise et notamment le paiement de ses intérêts.

Dans le cas d’un modèle financier de projet, cela peut être la partie la plus technique à modéliser notamment lorsqu’il y a plusieurs types de dettes : senior, junior, mezzanine, etc…

Les taxes et impôts

Il s’agit du dernier mécanisme à modéliser qui peut s’avérer technique.

En effet, certaines taxes peuvent suivre des fonctionnements par pallier. Par exemple, un certain taux entre 0 et 1 M€ de chiffre d’affaires, un autre taux pour le chiffre d’affaires entre 1 et 10 M€, etc…

N’hésitez pas à utiliser le nombre de lignes nécessaires sur votre onglet Excel. Mieux vaut utiliser suffisamment de lignes pour détailler vos calculs et faire un travail compréhensible pour les autres personnes qui utiliseront votre modèle financier plutôt que vouloir tout faire en peu de lignes mais avec des formules à rallonge et incompréhensibles.

Troisième partie : les états financiers et autres outputs, finalité du modèle financier

Dans la majorité des cas, l’objectif d’un modèle financier est de finir par construire des états de financiers prévisionnels : bilan, compte de résultat et tableau de flux.

Ces états financiers sont présentés sur leurs propres onglets et ne sont pas mélangés avec les onglets calculatoires.

Inutile ici d’en mettre des tartines, l’objectif est d’avoir des états financiers prévisionnels facilement compréhensibles : il s’agit d’un modèle financier et pas comptable.

Le bilan est un excellent moyen de vérifier si vous n’avez pas fait d’erreur puisqu’il est sensé être parfaitement équilibré, ce qui signifie une égalité entre actifs et passifs.

Sachez qu’un modèle financier peut aussi permettre de calculer des outputs supplémentaires, comme des free cash flows to firm ou free cash flows to equity, qui vous permettront ensuite de calculer une valorisation par DCF.

Vous pouvez évidemment faire des sensibilités sur vos hypothèses pour vérifier l’impact sur les outputs ; c’est même l’intérêt d’un modèle financier comme nous l’avons vu précédemment.

Enfin, si vous souhaitez améliorer vos compétences de modélisation financière, vous pouvez télécharger notre guide de l’Excel-lence en finance qui vous donnera toutes les ficelles du métier sur Excel :

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Ils nous citent :

Cnews.fr, le leader français de l'actualité en continue nous cite dans son article sur la réussite d'une carrière financière.

LegaVox.fr, le site juridique de référence en France nous cite dans son article sur les juristes corporate en M&A.

CréationEntreprise.fr, le site de référence sur l'entrepreneuriat nous cite dans son article sur la maîtrise des concepts financiers.

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