Financement de projet : définition, conseils et exemples

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Le financement de projet (ou « Project Finance » en anglais) est une énième branche très intéressante du monde de la finance. Moins exposé que les Fusions-Acquisitions et le Capital Investissement, le financement de projet attire chaque année de nombreux étudiants fraîchement diplômés en finance.

En effet, le financement de projet attire pour l’intérêt des missions qu’il suscite, les rémunérations plus qu’attractives qui sont pratiqués mais aussi pour un rythme de travail beaucoup moins soutenu qu’en banque d’affaires par exemple.

L’équipe The Big Win a décidé de rédiger un article complet qui s’adressera à celles et ceux qui souhaitent avoir un premier aperçu du financement de projet. Dans cet article, nous tacherons de définir ce qu’est le financement de projet (définition, importance, exemples concrets) avant de proposer une vision professionnelle de ce sujet (le métier d’analyste financement de projet, où le pratiquer et les rémunérations proposées).

En clair, vous l’avez compris, si vous ne connaissez rien du financement du projet, c’est cet article qu’il faut lire en priorité pour s’approprier toutes les connaissances élémentaires liées à cette branche très spécifique du monde de la finance. 

LE guide du financement de projet

Qu’est-ce qu’un projet ? 

Avant de parler de financement de projet, il faut déjà déterminer ce qu’est un projet d’un point de vue financier.

En finance, lorsque nous parlons de projet, nous faisons référence à la construction ou à l’acquisition d’un actif dont l’opération va générer des flux de trésorerie pour l’entreprise qui le détient. Pour proposer quelques exemples concrets à notre lecteur, un projet peut être :

  • Un parc éolien ;
  • Une autoroute ;
  • Un hôpital ;
  • Une ligne ferroviaire ;
  • Une infrastructure de télécommunications ;
  • Etc…

Comme notre lecteur peut s’en douter, les montants nécessaires pour construire ces infrastructures sont bien souvent colossaux. C’est la raison pour laquelle la notion de financement de projet prend tout son sens. En effet, lorsqu’il s’agit de construire ce type d’infrastructure, les entreprises ont recours à des financements bancaires ce qui leur permet, bien souvent, de bénéficier d’effets de levier intéressants.   

Qu’est-ce que le financement de projet ?

Le financement de projet consiste à financer la construction d’une infrastructure (c’est-à-dire d’un actif tangible d’un point de vue financier) par le biais d’un ou plusieurs financements bancaires et par le biais de fonds propres. Pour qu’un financement puisse fonctionner, les revenus générés par l’infrastructure doivent être suffisants pour rembourser la dette empruntée.

Le niveau de dettes qu’un projet peut emprunter à la banque est généralement calculé sur la quantité de revenus que le projet peut produire une fois en opération. Il faut également avoir en tête que le but premier des banques est de pouvoir récupérer l’argent qu’ils prêtent aux entreprises. Par conséquent, le degré de certitudes des revenus joue en rôle majeur dans l’obtention d’un financement bancaire.

En clair, plus les revenus seront certains, plus le projet sera capable d’emprunter une somme élevée et plus la banque sera apte à prêter l’argent nécessaire. Par opposition, si le degré d’incertitude des revenus est trop élevé, le projet ne sera peut-être pas en mesure de pouvoir emprunter la somme nécessaire pour son financement.

Le financement de projet vs. le financement corporate

A ce stade de l’article, il est important de faire la distinction entre le financement de projet et le financement corporate.

Le financement de projet 

Dans le cadre d’un financement de projet, l’entreprise porteuse (également appelé le sponsor) du projet créé une société projet (appelée « SPV » pour « Special Purpose Vehicle » en anglais) qui aura pour objectif de détenir les actifs du projet. Par conséquent, l’entreprise porteuse du projet n’intègre pas le projet dans ses états financiers. 

La principale particularité du financement de projet réside dans le fait que la banque ne peut généralement pas se retourner vers l’entreprise porteuse du projet dans l’éventualité où l’infrastructure ne produirait pas assez de revenus pour pouvoir rembourser la dette contractée. Nous parlons donc ici de financement « sans recours ». Dans certains cas extrêmes, la banque peut saisir l’actif en question.

Le financement corporate 

Le financement corporate s’oppose au financement de projet car l’entreprise porteuse du projet intègre le projet dans ses actifs financiers et ne créée donc pas de société projet.  

Dans ce type de schéma, la banque a juridiquement le droit de se retourner contre l’entreprise porteuse du projet dans l’éventualité où le projet ne sera pas capable de rembourser la dette contractée. Par opposition au financement sans recours, nous parlerons ici de financement « avec recours ».

Différents exemples de financement de projet

Le financement de projet anime beaucoup de secteurs contribuant à l’activité économique d’un ou plusieurs pays. En effet, certains secteurs supposent l’utilisation d’infrastructures spécialisées dont la construction dépend grandement sinon totalement du financement du projet. Nous dressons ci-dessous une liste non exhaustive de ces différents secteurs :

  • Les matières énergétiques : nous retrouvons dans cette catégorie les centrales thermiques ou encore les plateformes pétrolières.
  • Les énergies renouvelables : nous faisons référence ici aux parcs éoliens et aux parc solaires.
  • Le transport : dans le secteur du transport, nous retrouvons un grand nombre d’infrastructure tels que les autoroutes, les ponts ou encore les tunnels.
  • L’environnement : concernant le secteur de l’environnement, nous pouvons citer les projets de traitements des eaux et des déchets.

Financement de projet : deux exemples concrets d’infrastructures

Afin d’apporter une définition visuelle d’un financement de projet, nous faisons le choix de proposer à notre lecteur deux exemples concrets de financement : le viaduc de Millau et le Tribunal de Grande Instance de Paris.

Le viaduc de Millau 

Cette infrastructure est certainement l’une des plus impressionnantes de France sinon la plus impressionnante. Bati sur sept pylônes, le viaduc de Millau permet à l’autoroute A75 de traverser la vallée du Tarn, soit une distance d’environ quatre kilomètres. Au-delà de la prouesse technique, le viaduc de Millau est un financement de projet assez particulier dans la mesure où l’entreprise porteuse du projet, Compagnie Eiffage du Viaduc de Millau (détenue à 51% par le groupe Eiffage et à 49% par la Caisse des Dépôts et Consignations) bénéficie d’un contrat de 78 ans pour assurer la construction, le financement et l’exploitation de l’actif. Un contrat aussi long n’est pas anodin ! En effet, l’investissement total pour cette infrastructure est d’environ 400 millions d’euros. Un financement digne de ce nom ! L’état a cédé la gestion de cet actif à la Compagnie Eiffage du Viaduc de Millau en 2001. Il aura fallu 3 années complètes pour construire cet actif qui est en opération depuis fin 2004.

Exemple de financement de projet avec le viaduc de Millau

Le Tribunal de Grande Instance de Paris 

Pour nos lecteurs parisiens, vous avez certainement pu suivre la construction de ce gratte-ciel de A à Z. Pour nos autres lecteurs, vous trouverez une photo ci-dessous pour apprécier la grandeur de ce bâtiment. Derrière cette prouesse architecturale se cache un véritable financement de projet qui n’a, par ailleurs, pas été simple à réaliser. Entre 2005 et 2008, une mini bataille s’est orchestrée pour déterminer le lieu de construction de l’actif. Le gouvernement souhaitait construire le futur Tribunal de Grande Instance de Paris sur le site de « Tolbiac » tandis que la Ville de Paris souhaitait le construire sur dans le quartier « Masséna-Rives de Seine » (notez que les deux sites se situent dans le même arrondissement…). Faute de trouver un accord, la construction ne commencera qu’en 2012 après que le président Nicolas Sarkozy tranche sur la question et décide de le faire construire sur le site des Batignolles. Le projet devra faire face à certains rebondissements politiques et judiciaires qui retarderont sa construction et qui aura un réel impact sur la rentabilité attendue par Arélia, la société porteuse du projet. Toujours est-il que le Tribunal de Grande Instance de Paris sera inauguré le 16 avril 2018. Coût total de construction ? 2,7 milliards d’euros ! Le partenariat entre l’état et Arélia est prévu pour 27 ans. 

Financement du TGI de Paris

Financement de projet : la différence entre le PPP vs. la DSP

Notre lecteur doit avoir en tête que le financement de projet est avant tout un partenariat qui peut prendre deux formes : le Partenariat Public-Privé (plus couramment appelé le « PPP ») et la Délégation de Service Public (la « DSP » ou dans le jargon la « Concession »).

  • Le Partenariat Public-Privé : le PPP est un contrat de partenariat selon lequel un acteur public confie le financement, la conception, la construction et la maintenance d’une infrastructure contribuant au service public. Dans le cadre d’un PPP, l’entreprise privée se rémunère grâce aux loyers versés par l’acteur public. C’est par exemple le cas de l’entreprise Arélia qui a assuré la réalisation du Tribunal de Grande Instance de Paris.
  • La Délégation de Service Public : la DSP, quant à elle, est un contrat de partenariat selon lequel un acteur public confie le financement, la conception, la construction, la maintenance ET l’exploitation d’une infrastructure contribuant au service public. La principale différence avec le PPP résulte dans l’exploitation de l’actif. En effet, dans une DSP, c’est l’entreprise privée qui détient et qui, par conséquent, se rémunère grâce à l’exploitation de l’actif. C’est par exemple le cas du Viaduc de Millau. L’entreprise Compagnie Eiffage du Viaduc de Millau est tenue d’exploiter l’infrastructure pendant 78 ans et se rémunèrera donc grâce aux péages consentis par les usagers du viaduc.

Le métier d’analyste financement de projet

Si le financement de projet vous attire et que vous souhaitez vous orienter dans cette voie, ce passage de l’article devrait fortement vous intéresser. En effet, nous allons décrire ici concrètement en quoi consiste le métier d’analyste financement de projet. Dans son quotidien, l’analyste financement de projet doit assurer les missions principales suivantes :

Modélisation financière 

L’analyste financement de projet devra assurer la modélisation financière du projet dont il sera question. De manière plus concrète, il devra intégrer toutes les hypothèses du projet (exemples : hypothèses de financement, de production, de coûts de construction, de coûts opérationnels, etc…) dans un modèle financier afin de déterminer la valorisation de ce dernier (c’est-à-dire aboutir à un TRI et une NPV pour rester très généraliste). En règle générale, l’analyste financement travaille à partir d’un modèle financier prédéfini par son entreprise. Néanmoins, il devra avoir la capacité de modéliser pour adapter le modèle en fonction des spécificités de chaque projet. Cette tâche est la plus importante car c’est grâce à ce modèle financier que l’entreprise pourra répondre à des appels d’offres, mettre en place un financement ou encore faire entrée des investisseurs dans le projet.

Optimisation financière 

En lien avec le point précédent, l’analyste financement de projet devra, en fonction des contextes, optimiser financièrement les modèles financiers des projets. L’optimisation financière réside dans le fait de déterminer les hypothèses les plus favorables pour rendre le projet le plus compétitif possible. A titre d’exemple, lorsqu’une entreprise lance un appel d’offres car elle souhaite acheter l’électricité d’un parc éolien, le rôle de l’analyste financement de projet sera d’optimiser au maximum toutes ses hypothèses afin de pouvoir proposer le prix d’électricité le moins cher possible afin de remporter l’appel d’offres. 

Réalisation de sensitivités 

L’analyste financement sera chargé de tester la robustesse de la valorisation d’un projet, c’est-à-dire d’estimer l’impact d’un changement d’une hypothèse sur les ratios d’investissements du projet (TRI, NPV, etc…). Réaliser cette étude consiste à faire une analyse de sensitivités. A titre d’exemple, l’analyste devra simuler une augmentation de 10% des coûts de construction de son projet pour estimer si ce dernier est toujours réalisable malgré cette variation. Autres exemples de sensitivités : coûts de construction -10%, revenus +/- 10%, coûts opérationnels +/- 10%, etc…

Participation à la rédaction de teasers et de mémorandums d’investissement 

Dans des contextes divers et variés, l’analyste devra participer à la rédaction de teasers et de mémorandums d’investissement. En effet, ces documents ne sont pas uniquement spécifiques au secteur du M&A ou du Private Equity. Nous les retrouvons également en financement de projet lorsqu’il s’agit par exemple d’obtenir l’approbation du top management voir de la maison mère (en fonction des structures) d’investir dans un tel ou tel projet.

Où travailler en financement de projet ?

Nous retrouvons des activités de financement de projet dans trois types d’établissements : les banques, les entreprises porteuses de projet et les cabinets de conseil.

Les banques 

Le financement de projet en banque consiste à prêter de l’argent aux entreprises porteuses de projet afin de les accompagner dans la construction et le développement dudit projet. De manière globale, le but de la banque est de s’assurer qu’elle récupèrera l’argent qu’elle prête pour assurer le financement du projet. En plus d’avoir pour mission de récupérer l’argent investie (car oui, une banque prêtera de l’argent dans l’espoir de créer une plus-value financière), la banque doit s’assurer que cet investissement respecte certains indicateurs financiers internes et que le niveau de risques est globalement maitrisé.

Exemples de banques : Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole, HSBC, Deutsche Bank, etc… 

Les entreprises porteuses de projet 

En Corporate, le financement de projet est différent de ce qu’on retrouve en banque car l’entreprise doit développer son projet de A à Z. Le sponsor doit être en mesure de déterminer toutes les hypothèses opérationnelles propres à son projet et de concevoir un business plan solide et robuste. Ce modèle financier permettra au sponsor de participer à différents appels d’offres ou encore de présenter son projet à une banque pour réaliser une demande de financement bancaire. 

Exemples de sponsors : Eiffage, TotalEnergies, Vinci, Technip, EDF Renouvelables, ENGIE, Bouygues, etc…  

Les cabinets de conseil 

Le financement de projet en cabinets de conseil est globalement à mi-chemin entre le financement en banque et le financement en sponsor. En effet, les cabinets de conseil ont pour objectif d’accompagner ces deux types d’acteurs (sponsors et banques) lorsque ces derniers les mandatent. Les cabinets de conseil ont la particularité d’apporter une expertise accrue en modélisation financière aussi bien dans la construction pure d’un business plan que dans la modélisation d’hypothèses très spécifiques.

Exemples de cabinets de conseil : EY, KPMG, PWC, Deloitte, Mazars, Eight Advisory, H3P, etc…

Quel profil pour accéder au poste d’analyste financement de projet ?

Le financement de projet est une branche de la finance très exigeante et par conséquent, ne s’adresse pas à tous les profils. Afin d’aiguiller notre lecteur qui souhaiterait s’orienter vers cette discipline, nous dressons ci-dessous le profil type du candidat idéal pour intégrer une équipe de financement de projet :

  • Vous suivez un cursus en finance d’entreprise au sein d’une grande école de commerce, d’une université ou d’une école d’ingénieur, idéalement de premier rang.
  • Vous avez réalisé un ou plusieurs stages dans une équipe de financement de projet.
  • Vous êtes à l’aise avec la modélisation financière et vous comprenez la logique d’un business plan.
  • La maîtrise de l’anglais est parfaite. Une seconde langue est appréciée.
  • Des connaissances sectorielles en lien avec le poste à pourvoir seront un plus.

Les rémunérations en financement de projet 

Comme un certain adage le dit, nous avons gardé le meilleur pour la fin : la rémunération. Après la lecture de cet article, vous avez certainement envie de vous orienter vers le financement de projet. Il nous semble donc pertinent de proposer à notre lecteur des fourchettes estimatives dans les différents établissements où il est pratiqué. Notez que les salaires que nous proposons ci-dessous sont des salaires parisiens et concernent uniquement le poste d’analyste financement de projet, c’est-à-dire pour un profil fraichement diplômé.

  • En banque : l’analyste financement de projet en banque percevra un salaire annuel fixe pouvant être compris entre 40 000€ et 45 000€. Le bonus annuel pourra être compris dans une fourchette allant de 5% à 20% maximum.
  • En corporate : l’analyste financement de projet en corporate pourra prétendre à une rémunération annuelle fixe comprise entre 38 000€ et 42 000€. Son bonus annuel pourra atteindre au maximum 10% du salaire annuel.
  • En cabinet de conseil : l’analyste en cabinet de conseil, quant à lui, pourra espérer une rémunération annuelle comprise entre 40 000€ et 45 000€. Comme pour l’analyste financement de projet en corporate, le bonus pourra être plafonné à 10% du salaire annuel.  

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Rédigé par 2 managers seniors


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Ils nous citent :

Cnews.fr, le leader français de l'actualité en continue nous cite dans son article sur la réussite d'une carrière financière.

LegaVox.fr, le site juridique de référence en France nous cite dans son article sur les juristes corporate en M&A.

CréationEntreprise.fr, le site de référence sur l'entrepreneuriat nous cite dans son article sur la maîtrise des concepts financiers.

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