Equity derivatives : qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que le structuring, le pricing, comment y travailler ?

Le domaine dit de l’equity derivatives est l’un des plus recherchés parmi les candidats qui souhaitent travailler en finance de marché.

Cette activité est dite prestigieuse et elle est assurément intéressante est rémunératrice.

Dans cet article nous faisons la lumière sur le secteur des equity derivatives : en quoi cela consiste, quels sont les principaux produits dérivés et quels sont les métiers concrets liés à cette activité. C’est parti !

Guide sur les equity derivatives

Equity derivatives : en quoi consistent les dérivés sur l’equity ?

Le secteur dit des « equity derivatives » regroupe toutes les activités liées au produits dérivés sur les actifs d’equity, c’est-à-dire les actions.

Un produit dérivé est un contrat entre deux parties qui fixe les modalités d’un échange de flux financiers entre elles, une méthode de calcul et un calendrier de paiement par exemple. Le flux financier lié à ce contrat, et donc la valeur du contrat, est généralement fondé sur la valeur d’un actif appelé le « sous-jacent ».

Dans le cas d’equity derivatives l’actif sous-jacent est un actif d’equity, c’est-à-dire en bon français une part de capital social d’une entreprise. En résumé une action d’entreprise.

Un produit « d’equity derivatives » est donc un produit dérivé sur une action, c’est-à-dire un contrat qui fixe un flux financier entre deux parties et qui est basé sur la valeur d’une action.

En fonction de l’évolution de la valeur de l’action le flux financier prévu par le produit dérivé va donc évoluer à la hausse ou à la baisse.

Il existe plusieurs types de produits dérivés sur equity, certains plus complexes que d’autres ; nous vous les décrivons dans les parties suivantes de cet article.

Pour vous donner un ordre d’idée de la taille du marché des dérivés, des analystes qui ont travaillé sur le sujet l’estime à environ 600 milles milliards de dollars. A côté de ça le marché de l’equity en lui-même chiffre à environ 117 milles milliards de dollars. On en déduit que pour chaque dollar d’action dans le monde il y a presque six dollars de flux financiers via produits dérivés sur ces mêmes equity qui circule.

Liste des principaux dérivés

Warrants ou options call et put

Les premiers produits dérivés que nous pouvons identifier, qui sont aussi sûrement le plus simples à comprendre, sont les options. Il existe deux types d’options sur les marchés financiers : les calls et les puts.

  • Option call : une option call vous donne le droit d’acheter l’actif sous-jacent (dans notre cas une action) à un prix déterminé à l’avance, quel que soit son prix sur les marchés. Par exemple si vous possédez une option call sur une action LVMH avec un prix d’exercice de 150€, si vous décidez de l’exercez la personne qui vous la vendu sera obligée de vous vendre une action LVMH en échange de 150€, même si celle-ci cote à 180€ sur les marchés.
  • Option put : une option put vous donne le droit de vendre l’actif sous-jacent (toujours une action dans notre cas) à un prix déterminé à l’avance, quel que soit son prix sur les marchés.

Il convient aussi de connaître les caractéristiques suivantes sur les options call et put :

  • Une option call ou put n’est pas gratuite, elle s’achète auprès de la contrepartie.
  • C’est la contrepartie qui vous a vendu l’option qui prend l’engagement de vous acheter (pour un call) ou de vous vendre (pour un put) l’action sous-jacente dans le futur si vous décidez d’exercer votre option.
  • Vous n’êtes pas obligé d’exercer votre option si son prix d’exercice n’est pas intéressant face aux prix de marché ; vous pouvez simplement la laisser expirer et dans ce cas vous l’aurez acheté pour rien.

Comme vous l’avez peut-être remarqué, le titre de cette partie fait appel à deux notions : les warrants et les options, or pour le moment nous avons parlé uniquement des options et non des warrants.

En fait les warrants sont très similaires aux options avec une seule différence importante : les options sont des produits standardisés cotés sur les marchés. Vous ne trouverez donc pas d’options put ou call personnalisée.

Au contraire les warrants ne sont pas des produits dérivés standardisés. Les warrants sont des produits dérivés dit “OTC” pour “Over-The-Counter”, c’est-à-dire des contrats personnalisés entre le vendeur du warrant et l’acheteur, non cotés sur les marchés et qui sont mis en place directement entre l’acheteur et le vendeur.

Exemple d’utilisation d’options :

Vous êtes directeur d’une grande entreprise cotée en bourse. A la fin de l’année vous touchez des stock-options mais vous n’avez pas le droit de les exercer avant 2 ans. Or d’ici 2 ans vous craignez que le cours de ces actions diminue alors qu’elles cotent actuellement à 100€ unité. Vous ne souhaitez pas prendre ce risque.

Vous passez donc par la solution des equity derivatives, et en l’occurrence par des options put. Vous achetez ces options 2€ chacune et elles ont un prix d’exercice de 99€. Deux ans plus tard vous exercez vos stock-options et les actions de votre entreprise cotent maintenant seulement 75€. Vous décidez donc d’exercer vos options pour vendre à la contrepartie de votre option put vos actions 99€ malgré leur prix en bourse de 75€.

Si la cotation de vos actions avait augmenté, par exemple à 110€, alors il aurait été plus avantageux pour vous de laisser vos options put expirer et de vendre vos actions directement sur le marché à 110€.

Obligations convertibles

Une obligation convertible n’est pas toujours considérée comme un produit dérivé ; dans cet article nous vous présentons malgré tout ce type d’actifs que nous prenons le parti de classer dans les equity derivatives.

Une obligation convertible est une obligation d’entreprise, c’est-à-dire une reconnaissance de dette de l’entreprise, mais que vous pouvez, dans certaines conditions et à un certain prix, convertir en une action.

Futures

Un future ressemble à une option call ou put dans le sens ou c’est un produit dérivé qui permet à l’une des deux parties de vendre (position short dans le future) ou d’acheter (position long) un actif sous-jacent à un prix fixé à l’avance.

La différence avec une option c’est que dans le cadre d’un future la partie qui a la position long a l’obligationd’acheter l’actif au moment prévu et au prix prévu dans le contrat future, et celui qui a la position short a donc l’obligation de lui vendre cet actif à ce prix.

Au contraire, dans le cas d’un call ou d’un put, celui qui détient l’option a le droit de vendre (option put) ou d’acheter (option call) le sous-jacent au prix fixé mais n’y ai pas obligé si finalement cela ne lui est pas avantageux.

Comme pour les options et les warrants qui sont des contrats similaires mais dont l’un (l’option) est standardisé alors que l’autre (le warrant) est personnalisable entre l’acheteur et le vendeur, il existe la même déclinaison pour les futures.

Les futures sont des contrats aux caractéristiques standardisées et échangeable sur les marchés, alors que les forwards sont leur équivalent mais non standardisé, personnalisable entre celui qui détient la position short et celui qui détient la position long et qui ne se traitent pas sur les marchés.

Swaps

Un swap est un produit financier dans lequel deux parties acceptent d’échanger des flux financiers différents.

Dans le cadre des equity derivatives les swaps, aussi appelés equity swaps sont des produits dérivés grâce auxquels deux parties acceptent de se payer des flux financiers dont au moins l’un des deux est basé sur le rendement d’une action ou d’un indice boursier.

Par exemple deux parties signent un equity swap dans lequel le premier va payer au second le rendement d’un indice boursier de grandes entreprises (par exemple le CAC40) alors que le second lui paiera le rendement d’un indice boursier de petites entreprises (par exemple le CAP PME).

De cette manière chacun des deux se retrouve exposé au rendement d’un indice boursier qu’il n’est pas obligé de détenir en portefeuille. Au contraire ils éliminent le risque de l’autre indice boursier s’ils l’ont en portefeuille, sans pour autant devoir s’en débarrasser par exemple en le vendant.

A quoi servent les Equity Derivatives ?

On distingue deux types d’utilisation des equity derrivatives, comme tous les autres produits dérivés : soit comme outil de « hedge », c’est-à-dire avec un objectif de protection contre l’évolution des cours, soit comme outil de spéculation.

Les equity derivatives comme outils de hedge

En finance le terme de hedge, duquel on a tiré l’anglicisme « hedger » signifier se protéger contre une évolution défavorable du cours d’un actif : action, obligation, matière première, taux d’intérêt, taux de change de devises, etc…

Un produit dérivé, notamment l’un des nombreux equity derivatives existant, permet justement de se hedger efficacement si vous souhaitez neutraliser un risque financier sur une action.

Imaginons que vous ayez touché des stock-options de la part de votre employeur, une grande multinationale dont vous êtes l’un des principaux directeurs.

Comme le veut la politique de l’entreprise vous n’avez pas le droit d’exercer vos stock-options et vendre les actions qui en découlent sous moins de cinq ans. Cependant vous comptez vraiment sur cette somme pour acheter un appartement et vous ne voudriez surtout pas que le cours de l’action diminue d’ici à ce que vous puissiez utiliser vos stock-options.

Dans ce cas vous pouvez vous tourner vers le marché des equity derivatives pour hedger votre risque. Par exemple vous pouvez acheter des options « puts » qui vous permettront de vendre dans le futur vos actions à un prix défini dès aujourd’hui. Même si le prix baisse, votre option put vous assure que la contrepartie sur cette option vous achètera vos actions au prix défini.

Vous venez donc de vous prémunir contre une baisse future du prix de vos actions et vous pouvez attendre sereinement l’expiration de la période de blocage de 5 ans de vos stock-options.

Les equity derivatives comme outil de spéculation

L’autre principale utilisation des equity derivatives consiste tout simplement à spéculer pour augmenter ses rendements.

En effet, il existe une multitude, pour ne pas dire une infinité, de stratégies que l’on peut mettre en place avec des produits dérivés, et notamment des equity derivatives, pour augmenter son rendement.

Par exemple, si vous pensez que la valeur d’une action ou d’un indice boursier va augmenter à l’avenir mais que vous ne souhaitez pas acquérir l’action directement vous pouvez acheter une option call sur cette action.

Si le cours de l’action monte alors il vous suffira d’exercer votre call pour acheter l’action à un prix inférieur à sa cotation et la revendre immédiatement sur le marché pour empocher votre plus-value.

L’avantage d’une telle stratégie c’est que plutôt qu’investir dans le prix de l’action avant son augmentation vous n’aurez investi que dans le prix d’une option, bien moins chère. Vous aurez donc mobilisé beaucoup moins de trésorerie et vous optimiserez votre taux de rendement.

Exemple :

Imaginons l’action The-Big-Win qui cote à 200€. Vous pensez que l’action a un potentiel d’augmentation de 20% sur l’année, soit 240€. Cependant vous ne voulez pas mobiliser 200€ pour acheter l’action. A la place vous achetez une option call sur l’action The-Big-Win exerçable dans un an au prix de 203€. L’option coute 5€. Vous achetez donc 10 options pour 50€.

Un an plus tard le prix de l’action The-Big-Win a bien augmenté de 20% à 240€. Vos options vous permettent donc d’acheter 10 actions The-Big-Win à 203€ unité, soit 37€ moins cher que leur cours de bourse. Il ne vous reste plus qu’à exercer vos options pour acheter les actions à 203€ et les revendre immédiatement sur le marché à 240€. L’autre possibilité et de revendre vos options à 37€ (parce que oui, il existe bel et bien un marché des options) si vous ne souhaitez pas débourser 2 030€ pour exercer vos 10 options.

Dans tous les cas cette stratégie vous aura apporté le rendement suivant :

  • (240 – 203 – 5) / 5 = 640% de rendement puisque vous n’aurez investi que 5€ par option pour finalement faire une plus-value de 37€ unité au moment où vous les exercez.

Si vous aviez acheté les actions pour les revendre directement vous auriez seulement obtenu un rendement de :

  • (240 – 200) / 200 = 20%

Comme vous pouvez le voir l’utilisation de produits dérivés, et notamment d’equity derivatives, peut donc permettre de créer des effets de levier très importants afin de mettre en place des stratégies de spéculation beaucoup plus efficientes que de l’investissement direct dans des actions.

Les métiers de de l’Equity Derivatives Structuring

L’equity derivatives structuring est un métier propre aux institutions bancaires et à la finance de marché.

C’est un métier qui consiste à créer des produits dérivés basés sur un sous-jacent action. L’objectif est “d’inventer” de nouveaux produits dérivés exotiques en utilisant notamment les produits dérivés classiques que nous vous avons présenté précédemment afin de répondre à des besoins spécifiques.

Cette activité demande donc une très grande expertise en mathématiques puisqu’il est nécessaire d’étudier de nombreux scénarii différents, de confronter des modèles probabilistes, etc…

L’activité d’equity derivatives structuring peut globalement regrouper trois sous-métiers plus spécifiques :

  • L’activité de structuration en elle-même, qui vise à créer des produits dérivés. Elle nécessite donc une compétence en mathématiques et en finance de marché très poussée. C’est une activité généralement réservée à des profils d’ingénieurs car très technique. Leurs activités sont aussi revues par des services juridiques, fiscaux et comptables afin de s’assurer des impacts de ces nouveaux produits dérivés sur ces différents domaines.
  • L’activité de pricing qui vise quant à elle à valoriser ces produits dérivés et développer l’offre commerciale à destination des clients en s’assurant de respecter une marge suffisante pour la banque. C’est aussi une activité très mathématique, donc assez axée “ingénieurs”.
  • Enfin le dernier métier lié directement au domaine de l’equity derivatives structuring est le métier de “sales”, c’est-à-dire vendeur. En effet, une fois que la banque a créé et pricé un produit dérivé il faut le vendre à différents clients : investisseurs institutionnels, fonds spéculatifs, gérants d’actifs, etc… C’est alors le métier du sales de faire le tour de ces potentiels clients pour leur présenter ces produits dérivés et les convaincre d’en acheter. Généralement le sales ne part pas faire sa tournée tout seul mais avec un membre de l’équipe de structuration qui pourra répondre aux questions les plus techniques des clients sur les caractéristiques du produit dérivé. Les sales ont quant à eux des profils plus axés “école de commerce” qu’ingénieurs.

Comme vous pouvez le constater les métiers qui gravitent autour du secteur de l’equity derivatives sont divers et peuvent aussi bien toucher des profils financiers qu’ingénieurs en fonction du domaine d’expertise.

Sachez aussi que ce sont des métiers qui payent bien, voire très bien. Pour un profil junior en pricing ou structuring vous pouvez tabler facilement sur des salaires autour des 50k€ et jusqu’à 80 ou 100 k€ pour un profil expérimenter.

Concernant les sales sachez que leur rémunération est composée en grande partie de primes à la performance, comme n’importe quel métier lié à la vente. Le bonus peut ainsi monter jusqu’à 30% voire 50% du fixe annuel.

Enfin ce sont des métiers assez élitistes. Pour y accéder il vous faudra un excellent CV et être passé par les meilleures écoles de commerce (top 5 généralement), d’ingénieur ou universités (Dauphine).

N’hésitez pas à regarder les postes à l’étranger : la France est loin d’être la première place mondiale pour ce genre d’activité, au contraire de Londres, New-York, Hong-Kong et même dans une moindre mesure Francfort-sur-le-Main (surtout depuis le brexit pour cette dernière place).

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Rédigé par 2 managers seniors


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CréationEntreprise.fr, le site de référence sur l'entrepreneuriat nous cite dans son article sur la maîtrise des concepts financiers.

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